Publié par : juliendidier | avril 6, 2012

Un beau jour, ou peut-etre une vie

Une vie d’agriculteur! Voila ce que je suis en train de vivre…

Je suis arrivee chez Valentine, au km34 de la BR116, il y a plus ou moins 2 mois et demi.Depuis, je mange les fruits et legumes du jardin, et j’en apprends tous les jours sur cette nature incroyable du Bresil: plantes, animaux, jours, nuits, … et vie communautaire. Pour les plus interesses, a la fin de cet article vous pouvez y trouver un mail que Valentine a envoye a ses amis, elle y decrit le projet, principalement agricole, qui s’y deroule.

Anecdote: Un matin nous avons cueillis des bananes: nous avons coupe la tete du bananier afin d’attraper les kilos de bananes encore vertes mais bien formees, avant que les oiseaux ne les mangent. Puis, nous avons laisse l’arbre comme ca parce qu’il etait l’heure pour nous d’aller manger le repas du midi. Au retour, c’est-a-dire 2-3h heures apres, le coeur du bananier avait deja pousse d’au moins 15 cm!!!! Les bananiers sont des arbres incroyables, on peut manger les bananes vertes, mures, utiliser la seve du bananier pour secourir nos plaies ouvertes, s’abriter sous ses feuilles lorsqu’il pleut, enroule un poisson frais dans la feuille du bananier et le cuisiner sur les braises, couper les feuilles et son tronc pour nourrir et proteger les sols en agriculture, et j’en passe!

Dernierement je suis partie 3 semaines dans le sud de l’Etat de Rio/nord de l’Etat de Sao Paulo, je suis allee visiter d’autres projets agricoles, ce fut un voyage bien interessant. J’ai rencontre des personnes super chouettes, accueillantes, qui m’ont faits decouvrir leur culture et leur maniere de travailler la terre. Je suis passee par IPEMA, un centre de permaculture ou Val et Victor ont passe une periode intense de leur vie (et ou ils se sont rencontres hehe…); par deux Quilombos, ce sont des villages de descendants d’esclaves africains, de nombreuses annees de lutte pour la terre leur ont permis de beneficier, maintenant depuis 13 ans, de ce statut de  »Quilombos » qui leur donne droit a la terre; et enfin, j’ai termine mon voyage chez Ze Ferreira, une reference regionale en agroforesterie. Vous pouvez donc imaginer combien ce voyage etait intense pour moi…

En voila quelques images ci-dessous …

Je reviens deja dans 3 semaines, foufoufou… je suis maintenant dans une periode un peu entre deux… je vis pleinement mon sejour ici, et en meme temps, bien motivee de retourner au plat pays…

A bientot! Lolo

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MAIL de Valentine:

Bonjour,

Voilà plus d’un an déjà que j’habite des contrées bien lointaines des vôtres sans presque donner de nouvelles. IL EST GRAND TEMPS ! J’envois donc un e-mail collectif pour faciliter la tâche ! Je vais essayer de vous rapprocher de l’ambiance générale, en commençant par vous décrire le cadre le mieux possible, afin d’en finir avec mes explications boiteuses souvent mal comprises.

Nous somme 2 couples (Viviane et Federico, Victor et moi), une enfant de 1an (Morgana, la fille de Viviane et Federico) à vivre dans une maison. Cyril, notre ami français, est en ce moment chez nous pour 6 mois, et puis deux amies belges, Laurence, pour 3 mois, et Camille, pour quelques semaines.

Nous habitons sur une « colline » entourée par des montagnes abruptes recouvertes par de la forêt tropicale relativement jeune (50-60ans), la forêt primaire ayant été rasée dans le passé pour les plantations de café. Ce qui n’est pas forêt est pâture, parsemé d’énormes touffes de bambou (genre 6m de diamètre et 10m de haut) et des cultures vivrières. La maison est située à 800m d’altitude et les monts qui l’entourent atteignent facilement 1100m. Pour situer sur une carte, c’est sur la Br116 au kilomètre 34, à 50km de Teresópolis dans l’état de Rio.

Nous sommes pour le moment en été, c’est la saison des pluies. Il fait entre 20 et 30°C et il pleut très régulièrement. Le soleil se lève approximativement à 5h30 pour se coucher aux alentours de 20h.

Deux types de cultures dans la région, les conventionnelles et les « organics ». Les premières, les plus nombreuses (98% des cas, je dirais) sont des parcelles de relativement petite taille. Là sont produits salade, choux, tomate, brocoli, chouchou, haricots, etc…. Tout ceci en mode monoculture extensive. Il va sans dire que sur ces exploitations, l’utilisation de produits chimiques se fait à haute dose. La Nature lutte pour la biodiversité et donc contre ces espaces de monoculture. L’agriculteur doit donc combattre celle-ci afin de pouvoir maintenir ces systèmes instables. Les pesticides pour tuer les insectes, les fongicides pour tuer les champignons et les engrais pour compenser l’appauvrissement du sol dû au manque de diversité et à l’érosion.

L’érosion est un problème majeur au Brésil. Les racines de diverses tailles, qui s’enchevêtrent pour maintenir le sol sur la roche mère, ont disparues avec la destruction de la forêt primaire pour la création de monocultures et pâturages. En conséquence de cela, les pluies, plutôt abondantes par ici, emportent littéralement des m³ de terre et tous les nutriments qui vont avec.

Le cas extrême de l’érosion est le glissement de terrain. Vous avez certainement entendu parler du drame de l’an passé, qui a causé près de 2000 morts dans la région. Cette année malheureusement de nouveau, pile un an après, pendant le mois des plus grosses pluies, des nouveaux désastres.  Et ce n’est pas fini. La prise de conscience parait assez lointaine. Et pour rajouter une couche au drame, l’année passée, toutes les aides financières aux familles en détresse et budgets de reconstruction ont aterri, comme de coutume par ici, dans les poches des bourgmestres des deux communes les plus atteintes. Mais ça c’est encore une autre histoire. Revenons en à l’agriculture, si pas unique, principale activité économique de la région.

Ce qui est le plus triste à mes yeux est de voir que le métier d’agriculteur est complètement dévalorisé. L’agriculteur ne travaille pas par plaisir, mais par besoin, parce qu’il n’a pas le choix. Il plante la ou les quelques variétés dont le prix imposé par le marché est le meilleur. Il ne mange plus ce qu’il plante. Il gagne donc une misère (environ un cinquième du prix final des produits) qui lui permet à peine d’acheter de la nourriture industrielle, les semences et les produits chimiques qui vont avec… Nos voisins sont tous dans le même cas.

Ce metier est pourtant extraordinaire: satisfaire un des besoins fondamentaux de l’Homme. Nous faisons ce que nous pouvons pour le revaloriser. Un ami me faisait remarquer que rien que le fait qu’une gringa soit venue de si loin pour s’installer dans cette région purement agricole dans le but d’y ‘gratter la terre’, sans parler de tous les autres gringos qui défilent, générait dans un premier temps dans le voisinage une certaine perplexité, qui se transforme petit à petit en compréhension et mise en valeur.

Le deuxieme type de culture, celui que nous pratiquons, est catégorisé comme ‘orgânico’, bio. Il favorise la biodiversité et va donc dans le sens de la nature. Les forces de la nature jouent donc en notre faveur et je peux vous assurer que nous ne manquons de rien à manger. Que ce soit en terme de qualité ou de quantité. Les plantes médicinales poussent aussi en abondance. Les voisins viennent les cueillir chez nous puisque nous sommes à peu près les seuls à ne pas passer de roundup autour de la maison. Ils ont une grande connaissance des remèdes faits maison.

Nous « exploitons » 4 parcelles. 3 sont des jardins associatifs. Ce type de jardins produit toutes sortes de légumes (carrotes, radis, courgettes, aubergines, patates, patates douces, maniocs, ignames, taros, tomates, salades, poires de terre, choux, navets, haricots, concombres, poivrons, etc…) d’une durée de vie dite courte (3 semaines à quelques mois). Ha, j’oubliais toutes les épices qui vont avec (persil, basilic, romarin, thym, coriandre, origan, etc…). Ce type de potager/jardin demande pas mal d’entretien (préparation du sol, semis, repicage, couverture du sol pour éviter les mauvaises herbes tout en gardant l’humidité du sol…).

La dernière parcelle est de loin la plus intéressante à mes yeux, c’est l’agroforêt. Là, nous copions la philosophie de la forêt tout en choisissant des variétés d’arbres et de plantes qui sont comestibles pour nous ou pour le système lui-même (production de biomasse). Ce type d’ « exploitation » nécessite un minimum de travail (le plus gros de l’entretien est l’observation :-D). En revanche elle est planifiée pour plusieurs dizaines d’années. Car là poussent des plantes qui ont une durée de vie comprise entre 1 mois et 100 ans. Il y pousse du maïs, des haricots, du manioc et de l’igname en harmonie avec des avocats, des jackfruits, des papayes, des bananes, des citrons, des oranges, de la cane à sucre, du café et j’en passe!! Nous laissons aussi différentes variétés de légumes se reproduire d’eux-mêmes. Nous y avons déjà récolté maïs, haricots, roquette, poivrons, scaroles, persil, tournesol, canne à sucre, patates douce, bananes… Puisqu’y cohabitent des espèces de cycles de durée tout à fait variée, il y a pratiquement constamment quelque chose à y récolter. En fait c’est une exploitation en 4 dimensions : longueur, largeur, hauteur (toutes les strates sont exploitées) et temps (le temps qu’un arbre grandisse permet la production d’autre végétaux de plus courte durée). Et la cerise sur le gateau, c’est que le sol s’enrichit chaque année, tel un sol forestier. C’est vraiment une version fénéante/surproductive de l’agriculture. Exemple: Au lieu de labourer pour aérer la terre, nous laissons les racines, les vers de terre et autres bestioles le faire. En plus de le faire sans effort, le résultat est bien meilleur. Le plus gros du travail réside dans la récolte.

Voilà pour le coté agricole du lieu. Mais ce n’est pas tout de produire de la nourriture !! Bien que notre premier but soit de nous assurer une alimentation saine et variée (et sans trop de planification, nous avons déjà nos propres légumes, notre sucre fait maison, maïs et haricot sec), nous avons comme ambition que notre activité soit économiquement soutenable. Ce n’est pas encore le cas, mais nous sommes en bonne voie. Nous avons pas mal de soutien du propriétaire des terres et des amis « sympathisants » du projet.

Ensuite, tous les mercredis nous partons dans notre vieille coccinelle de 1968 à Teresopolis pour vendre nos surplus au marché, à un resto bio et pour des paniers de légumes. Nous faisons pas mal de transformations aussi : pain au levain, pesto, tarte à la banane, confitures, nutela de bananes vertes, …

Nous faisons partie de l’association agroécologique de Teresopolis AAT, qui regroupe les environ 2% des agriculteurs bio de la région et des consommateurs engagés. Ce groupe a pour but de divulguer l’agroécologie à travers le marché bio, des projets dans les écoles et des événements culturels. Nous allons cette année animer des ateliers sur le thème de l’agroécologie pour des classes du secondaire.

L’AAT est aussi un groupe de certification bio par garantie participative, c’est à dire qu’on s’entraide et qu’on échange les connaissances au sein du groupe au lieu d’être contrôlé par une entreprise de certification payante.

Au fur et à mesure, nous avons aussi créé une banque de semences récoltées à gauche et à droite, produites ici, ou échangées, afin de pouvoir conserver certaines variétés en extinction, distribuer et échanger autour de nous des variétés non transgéniques ni hybrides.

La vie en groupe, quant à elle, est un grand bonheur en général et en tout cas très enrichissante. On en apprend tous les jours. Surtout qu’il y a en permanence minimum 3 cultures différentes qui se confrontent. Il y a toujours beaucoup de passage d’amis, d’amis d’amis et de wwoofeurs aussi. Nous commençons en fait à manquer d’espace, ce qui remet sur le tapis l’idée de construire à la fin de la saison des pluies. Nous aimons tous cuisiner, ce qui fait que nous ne mangeons pas trop mal avec tout ce que le jardin nous donne. Plutôt en mode végétarien et même souvent végétalien. Les soirées sont souvent animées de musique. Federico est un très bon violoniste et moi je me suis mise à l’accordéon, nous jouons pas mal ensemble.

Publié par : juliendidier | avril 1, 2012

La Banque Palmas

Bom dia!

Pour ceux qui sont intéressés d’en savoir un peu plus sur la banque dans laquelle je travaille, voici un site, en français, qui donne pas mal d’informations sur la « Banque Palmas ».

Il ne s’agit pas de ma banque mais de la première banque communautaire créée au Brésil, à Fortaleza même. Aujourd’hui, cette banque gère des centaines de milliers d’euros et reste pourtant un modèle d’économie solidaire au Brésil et dans le monde, une véritable pionnière au service de son quartier!

L’association qui gère la Banque Palmas a pour objectif de diffuser ce modèle et pousse à la création de dizaines de banques communautaires du même type, dont la Banque Dendê avec qui je travaille! Avec mon groupe de femmes, on s’inspire donc des expériences de la Banque Palmas, tout en essayant de créer notre propre modèle, adapté aux besoins du quartier…

Vous pouvez aussi voir ici le site même de la banque, en portugais, mais plus complet!

Bon 1er avril à tous!

Image

Banque Palmas; "Personne ne surmonte seul la pauvreté" Paul Singer

Publié par : juliendidier | mars 17, 2012

Ma vie de banquier.

Ecrit par Julien

Oi! Tudo bem?

Moi je vais très bien, merci! Après une étape carnavalesque à Recife et 12h de bus, je vous écrit depuis la dernière étape de mon voyage : j’ai débarqué il y à trois semaines ici, à Fortaleza!

Au fond la mer...Heureusement...

Fortaquoi? Oui, comme moi, vous n’aviez sans doute jamais entendu parler de cette ville avant…Et pourtant, Fortaleza compte plus de 2,5 millions d’habitants et est en passe de devenir un centre économique du Brésil. C’est donc une métropole comme le Brésil sait si bien en faire : au menu, gratte-ciels à perte de vue et favelas (bidonvilles du Brésil) en accompagnement! L’inégalité atteint des sommets, ce qui attise les convoitises. Alors, ceux qui le peuvent se barricadent : grilles, fils barbelés, gardes à l’entrée des immeubles,… sont présents partout.

Si je suis arrivé jusqu’ici, c’est pour y faire un stage dans le secteur de « l’économie solidaire ». Quesaco? Disons, en résumé, qu’il s’agit de projets économiques créés par de groupes pauvres ou défavorisés dans le but personnel de gagner de l’argent mais aussi d’aider leur communauté ou leur quartier et, plus généralement de tenter de construire une autre économie, plus tournée vers les besoins humains, démocratique, respectueuse de l’environnement…J’ai établi un contact depuis la Belgique avec une association, l’institut Florestan Fernandes, qui reçoit des fonds de l’ONG Solidarité Socialiste pour soutenir ces groupes.

23 février, j’arrive donc à Fortaleza pour rencontrer cet institut Florestan Fernandes !

Les premiers jours sont alors assez contrastés…

Le MST, lors d'une de ses manifestations

D’un côté, ça démarre sur des chapeaux de roue car l’institut s’est arrangé pour que je loge les premiers jours (avant de trouver une chambre a louer) dans un centre du « Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans-Terre (MST) » qui est un énorme mouvement social, ici au Brésil. Ses milliers de membres militent pour le droit à la terre à des millions de travailleurs dans les campagnes qui sont encore sous la domination de grands proprietaires terriens : dans beaucoup d’endroits, la répartition des terres n’a pas bougé depuis la période de l’esclavage…En vivant là, j’ai pu visiter differents lieux où le mouvement lutte actuellement, des coopératives qu’ils ont créé là où ils ont reussi à « chasser » ces grands proprietaires… Très prenant et enthousiasmant de côtoyer ces gens qui donnent leur vie pour l’avènement d’une autre société, certains furent mêmes assassinés tant ils dérangent.

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D’un autre côté,  c’est un peu la déception au niveau de mon stage, car l’institut m’apprend que la plupart des projets sont actuellement en pause en raison de financements bloqués…par la crise politique en Belgique! Quelle ironie: me taper deux mois de voilier, apprendre le portugais, parcourir les routes du Brésil, pour être rattrapé par la situation politique belge!

Les incertitudes, les imprévus, cela fait partie du voyage et je me dis donc qu’il faut juste un peu d’énergie pour passer le cap des premiers jours…Seulement, après 5 mois de mouvement permanent, cette énergie se fait plus rare, je me sens fatigué de devoir chaque fois m’adapter, quitter des personnes pour en rencontrer de nouvelles, vivre loin de chez moi.

Mais pas question de se laisser aller car je suis arrivé à la dernière étape du voyage, peut-être la plus importante…Alors on puise dans de nouvelles réserves en attendant que les choses évoluent!

La semaine suivante, j’apprends ainsi par hasard qu’un des groupes soutenus par l’institut Florestan Fernandes devait recevoir l’aide d’un volontaire pour améliorer le fonctionnement d’une « banque communautaire ». Seulement, ce volontaire leur a fait faux bond : je saute sur l’occasion!

Dona Cilene, présidente du groupe de femmes:une sacrée personnalité!

Je me retrouve donc à travailler avec un groupe de femmes d’un quartier pauvre de Fortaleza. Elles luttent contre le double problème de leur pauvreté et de la domination de leur mari en organisant notamment un marché solidaire où elles vendent leur production de nourriture, d’artisanat, de couture. Elles cherchent aussi à aider les autres personnes du quartier en organisant des formations pour les jeunes, en sensibilisant les autres femmes à leurs droits… Pour lutter contre la pauvreté, elles ont enfin créé une « banque communautaire » : c’est une banque gérée par le quartier qui offre des microcrédits et gère une monnaie alternative, le Dendê, qui ne peut qu’être dépensée dans le quartier : l’idée est de favoriser les échanges locaux, fragilisés par les grands shoppings de la ville. L’idée est bonne, mais pas toujours facile à mettre en pratique! Mon « job » est donc d’analyser les différents problemes de fonctionnement de la banque avec elles, d’essayer de trouver des pistes de solutions, chercher des informations ailleurs, organiser des reunions pour debattre de certaines questions,…C’est passionnant! Je travaille avec des femmes (et quelques hommes aussi!) pleines d’énergie et de volonté, j’en apprends tous les jours et je peux également me sentir (un peu) utile apres 5 mois de voyage personnel…

A côté de ça, je partage maintenant un appartement avec une allemande, un portugais et un brésilien! L’ambiance, bonne, reste toutefois éloignée de l’atmosphère communautaire si particulière à notre groupe d’amis en Belgique. J’ai également trouvé un groupe de capoeira, avec qui je m’entraîne à cette discipline mi-art martial mi-danse; je suis des cours de portugais, pour progresser encore; et je m’apprête à donner des cours d’anglais aux jeunes du quartier de mon groupe de femmes.

C’est donc une petite vie que je m’organise et dans laquelle je me sens de mieux en mieux, au fur et à mesure de mes nouvelles rencontres. Je me surprends même à m’habituer aux fils barbelés au-dessus de tous les murs…à part peut-être quand il s’agit d’une école maternelle où ces fils barbelés côtoient des images de dauphins et de lapins!

Je n’en écrit pas plus pour l’instant mais m’engage à donner bientôt d’autres nouvelles, et quelques photos aussi. Je me réjouis évidemment toujours des vôtres!

A bientôt!

Julien

Publié par : juliendidier | février 16, 2012

Ca bouge, ça bouge…

Re-bonjour! Un second article dans la foulée pour donner quelques nouvelles plus récentes de la suite de mon périple…

Après avoir quitté Sitio Gaya, je suis retourné sur le littoral sud de l’État du Bahia, on l’appelle la « côte du cacao » et, de fait, les cultures y sont très nombreuses!

Par contre, pas moyen de trouver un chocolat qui vaille la peine : en fait, le chocolat ne fait pas partie de la culture ici, c’est seulement en Europe qu’on l’a inventé…  alors qu’on n’a mêne pas de cacao chez nous!

Dans cette région, j’ai rejoint Frédéric, un français qui pratique la « permaculture » depuis 12 ans. Je n’y reste que peu de temps car lui doit partir de sa ferme pour quelques jours. Ça tombe bien : après m’être reposé et avoir re-parlé le français, j’ai très vite envie de retourner au portugais du Brésil, une langue qui se chante plus qu’elle ne se parle et qui donne la bonne humeur rien qu’à l’écouter!

J’enchaine par une courte étape à Itacaré, LE spot des surfeurs trop cools du monde entier, où je retrouve, par le plus grand hasard, l’équipe du Marty McFly qui nous avait transporté jusqu’au Cap-Vert! Mais l’endroit est sans doute trop « cool »  pour moi: entouré de touristes américains, européens et autres israéliens, je n’arrive pas à y rester plus de deux jours…

Je trouve alors, un peu par hasard, une communauté qui travaille sur un projet d’écovillage, à quelques kilomètres de là! Elle accueille quiconque qui veut rester quelques jours ou plus pour y travailler, toujours en échange de la nourriture et du logement. Assez vite, je me rends compte que je ne me reconnais pas dans certaines parties du projet mais l’endroit est superbe et l’ambiance assez bonne : parfait pour y rester quelques jours avant de …

Sortir de l’Etat du Bahia pour rejoindre Recife, dans le Pernambouc. Le carnaval qui s’y déroule est, parait-il, un des plus originaux du Brésil et c’est presque sur ma route alors j’ai saisi l’occasion! Ici, j’ai trouvé l’hospitalité chez une famille rencontrée plus tôt : l’accueil des brésiliens est incroyable!

Je vais rester ici une courte semaine avant de monter plus au Nord jusqu’à Fortaleza où je m’installerai « définitivement », avant de rentrer en Belgique. Là-bas, je commencerai un stage dans une ONG locale qui aide des « groupes d’économie solidaire »  à s’organiser et développer leurs activités pour améliorer les conditions de vie des quartiers pauvres de la ville. J’ai hâte de m’y mettre!

En attendant, je pense fort à vous tous et me réjouis de vous retrouver dans un peu plus de trois mois!

Je vous laisse avec quelques photos du littoral brésilien, juste pour dire…

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Publié par : juliendidier | février 16, 2012

Sitio Gaya! Ah, si seulement c’était plat…

Bonjour à vous!

De retour dans des contrées plus urbaines du Brésil, me voilà de nouveau devant un ordinateur pour raconter mon expérience de wwoofing au Sitio Gaya…

Ainsi donc, après avoir retrouvé Laurence au festival Ressonar, j’ai rejoint le projet de Daniel et Sylvia, toujours dans la région de la Chapada Diamantina…

J’ai dit « rejoindre », mais on pourrait aussi dire  » s’engager » comme on s’engage à l’armée car on ne va pas vivre au Sitio Gaya à la légère : cette ferme est située au milieu de nulle part, en rase savane, mais au pied de magnifiques montagnes! Il n’y a pas d’électricité, pas plus que d’eau courante et, évidemment, pas de réseau internet ni téléphone. Daniel avait une camionnette…qui a malheureusement rendu l’âme. Pour rejoindre la civilisation, c’est-à-dire le gros village de Mucugê à 30 km de là, il faut ainsi marcher 3/4 d’heure jusqu’à la piste où passera, peut-être, un bus entre 5h et demi et 7h du matin!

Là-bas, Daniel (qui est brésilien) et Sylvia (venue vivre au Brésil depuis les Pays-Bas) se sont installés depuis quelques mois pour y développer des cultures biologiques de légumes, de banane, de mangue, de raisins et même de champignons! Ils comptent aussi, plus tard, créer un camping et une chambre d’hôte pour les randonneurs de passage. Plein d’idées à concrétiser!

Actuellement, le projet est en commencement et la fine équipe ( de 4 à 6 personnes)  s’est surtout attelée à poursuivre la construction de la maison. En effet, pour le moment, tout le monde campeme, en tipi ou en tentes, autour d’une baraque qui sert de cuisine.  Pour la construction, restons écolos, on utilise la méthode de l’ « adobe ». Il n’y a pas plus simple, bon marché et amusant pour construire une maison : le terrain est en pente donc on l’aplanit; avec la terre obtenue de ce terrassage, on fabrique du ciment maison en y ajoutant l’eau du ruisseau en bas (et du jus de cactus pour imperméabiliser!); on remplit des anciens sacs d’engrais (un comble pour une ferme biologique!) de cette mixture, on tasse, on ferme, on pose et voilà les premières « briques » de la maison! Par après, on couvrira les murs d’un mélange d’argile et de paille. Bon évidemment, il y a des contraintes à respecter, il faut une bonne dose d’énergie et être prêt à habiter dans une maison en forme d’igloo, mais la technique reste étonnante tant elle est simple!

Lorsqu’on n’est pas à la construction, on porte l’eau depuis le ruisseau jusqu’en haut pour la vaisselle, on arrose le jardin, on porte l’eau depuis le ruisseau jusqu’en haut pour la cuisine, je m’initie à la méditation, on porte l’eau depuis le ruisseau jusqu’en haut…pour boire après avoir sué de porter de l’eau! L´été est un peu trop sec et deux incendies de broussaille, passés dans les environs, sont également venus nous rappeler qu’ici, c’est la nature qui dicte les lois… Bref, c’est un peu la vie à la dure avec, en plus, la chaleur habituelle du Brésil, mais j’ai rarement pensé que ça devenait pénible : le calme, le contact avec une nature forte, la bonne atmoshpère du lieu, les repas au coin du feu…Tout ça fait que je me ressource un max après 4 mois de voyage permanent.

Et puis, il faut dire que Daniel et Sylvia ont une philosophie toute particulière :

« Ici règne l’Amour, alors tout ce que tu fais, fais-le avec Amour ou alors ne le fait pas! »

Pendant un moment, j’ai eu peur en voyant revenir mon penchant glandeur, mais au final, ça s’est révélé productif. Je me suis même surpris à donner de l’amour au bidon de 20 litres sur mon épaule, qui me retenait toujours en bas de la pente!

C’est ainsi avec un peu de nostalgie mais rempli de plein d’énergie positive (comme on dit ici!) que je suis parti de là, un jour à l’aube, pour tenter d’attraper ce satané bus et parfaire ma connaissance des fruits tropicaux dans d’autres fermes…

Plus de photos dans l’album de Francisco, un autre volontaire de Sitio Gaya.

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Publié par : juliendidier | février 10, 2012

Une (es)Chapada de diamantinas – Laurence

Apres mon petit village paradisiaque (Diogo), je me suis evadee dans les terres de l’Etat de Bahia. Tout d’abord j’ai rejoins Julien pour faire benevoles a um festival de musique (Ressonar) a Lençóis. C’etait l’occasion de m’activer un peu, de me rendre utile pour d’autres gens, et lê festival se faisait a Lençóis qui est un point de depart pour differentes randonnees dansla ChapadaDiamantinas, un magnifique parc national du Bresil.

Arrivee a Lençóis j’ai ete accueillie par Krisitne, une francaise qui nous m’a herbergee et aidee pour plein de choses. Elle fonctionne egalement comme maison d’hote (son site: casadakris). Merci pour toutes ses combines et son super accueil!

J’ai donc retrouve Julien dans ce festival! Chouette de se revoir apres avoir vecu chacun une autre experience… Je me suis engagee em tant que cuisiniere pour lês benevoles, mais ce n’est pas pour autant que je gere a present les feijoada! Par contre j’ai rencontre de chouettes gens, principalement des bresiliens de bahia et d’ailleurs, souvent dans un etat d’esprit assez relax, assez alternatif… et toujours cette musique qui nous parle a tous! J’ai alors fait mês premiers pas de forro, la danse locale…

Apres ce plaisir musical, je suis partie randonner avec Bertrand, un francais, bateau-stopper aussi que j’avais rencontre a Salvador. Alors la, c’etait plutot un moment de pleine nature, de calme (tres peu de gens sur ce chemin), et d’effort physique! On marchait en moyenne 5h par jour, pas tant que ca, mais souvent sous une chaleur intense. De plus les montees etaient assez “a pic”, de quoi nous faire bien transpirer. Mais tout ca valait bien la peine. C’etait magnifique, surtout qu’il y a des cascades partout, d’une eau assez pure que pour la boire tout le temps et se baigner de temps em temps. Lescampements se faisaient donc souvent pres de cascades… de quoi se baigner apres la marche et pourquoi pas au petit matin! J

Ce periple nous a mene ala Valledo Capão, ou se trouve un village, assez bien alternatif, et d’ou la plupart des touristes partent pour aller randonner. Il se trouve au coeur dela Chapada.La, on a retrouve la “civilisation”, premier sentiment etrange… mais finalement je m’y fais petit a petit, surtout qu’on y retrouve des gens qu’on connait, ca facilite l’adaptation! On a quand meme continuer a marcher un peu tous lês jours, avec d’autres maintenant. Il y a un tas de ballades a faire dans les alentours de ce village. Toujours magnifique!

Et pour terminer ce sejour dansla Chapada, on est parti du village, a 4, pour rejoindre une autre petite ville après 3 jours. C’etait pour moi une maniere de terminer en beaute, encore plein de beaux paysages, davantage de passage en foret,… MAGNIFIQUE cette NATURE!

A ce moment la, je ressentais de plus en plus le besoin de descendre vers Rio de Janeiro, et de decouvrir enfin quel est ce fameux projet agricole don’t Val me/nous parle tant! A suivre…

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Publié par : juliendidier | février 5, 2012

Ah, le Bresil et ses traditions…

Cette semaine, en revenant d’une ferme perdue dans de tranquilles montagnes, il m’est arrive une experience assez inattendue qui m’a montre d’autres cotes du Bresil…

Je me trouvais dans la ville d’Ilheus, pour prendre un bus vers une ferme sur le littoral de l’etat du Bahia…Ambiance animee a la moitie de la journee dans la gare des bus, de nombreuses personnes se croisent. Je mange tranquillement mon pain quand je vois un groupe de personnes qui commence a courir le long du quai. Surement un bus qui a decide de s’arreter moins longtemps que prevu, comme ca arrive! Seulement, quelques secondes plus tard, c’est la majorite du public present qui se met a courir dans le meme sens en criant des « arrastao, arrastao! ». Pas pret a bouger dans la seconde avec tous mes sacs, je reste plante la, en me demandant ce que signifie ce mot…

Quelques secondes plus tard, la foule se calme, j’ai alors l’occasion de demander ce qu’il passe. Les gens me regardent avec insistance : Voce tem que cuidar, tem arrastaos! (Toi, fais attention, il y a des arrastaos!). Toujours sans trop comprendre ce qu’il se passe, je reprends mon sac pour etre pret a partir a la prochaine alerte, mais de quoi? Elle arrive apres quelques minutes, ou toute la foule se met a s enfuir de la gare pour aller dans les rues voisines. Tous les petits commerces du coin descendent leurs volets en un rien de temps et une famille m’appelle pour me recueillir a l’interieur de son minuscule commerce avant de baisser la grille. On observe ce qu’il se passe en rue a travers l’ouverture des volets…

Bloque dans ces quelques metre carres, je peux alors demander plus precisement ce qu’il se passe. Alerte a la bombe? Incendie? Effondrement? Non, bien plus simple :

– La police est en greve depuis hier pour revendiquer une augmentation de salaire, totalement en greve! Des arrastaos (« brigands ») en profitent pour descendre dans la ville descendent dans la rue, pillent tout et agressent les gens sans rien craindre!

– Ah.. ok! Et personne de la police ne monte quand meme la garde?

– Non! Tu peux appeler, ils ne repondront pas!

Je comprends pourquoi tout le monde me regardait avec insistance: avec ma belle tete de touriste et ma vie d’occidental sur le dos, je faisais une cible ideale!

Apres quelques minutes, apparemment, les arrastao sont partis ailleurs, les grilles des magasins se relevent timidement. Tout le monde se presse a nouveau vers la gare, il ne faudrait pas rater son bus! La tension reste presente et plusieurs autres alertes, vraies ou fausses, agiteront encore la gare…jusqu’a ce que la majorite des chauffeurs decide de ne plus rouler, les magasins de ne plus rouvrir; toute la ville restera alors cloitree ce jour-la.

Plus tard, en discutant avec le proprietaire de ma nouvelle ferme d’accueil, j’apprends que la police a ici la reputation d’etre corrompue et en contact avec ces bandes urbaines : ce genre d’evenements spectaculaires ferait partie de son attirail pour faire pression sur le gouvernement…

Sacre pays ou personne ne remplace la police en greve et ou les brigands aident la police a augmenter ses salaires!

Quant a moi, pas d’inquietude, je suis sorti sans incident de la ville 🙂

D’autres nouvelles bientot…

Julien

Publié par : juliendidier | janvier 11, 2012

A la bahianaise…

Ecrit par Julien

Réveil à 6h30 sur Atanua, je termine mon sac, emporte deux ou trois provisions, salue les lève-tôt de la marina et vais prendre un bus pour rejoindre la gare routière, direction Juazeiro! Un dernier au revoir à Laurence, ma compagne de voyage pendant plus de deux mois :

prends soin de toi et on se retrouve en Belgique!

Une petite ville...de 200 000 habitants tout de même

Juazeiro, ville dans le Nord de l’état du Bahia, à 500 km de Salvador, renseignée dans aucun guide touristique…J’y vais pourquoi au juste? Pour y faire du Wwoofing, c’est-à-dire travailler dans une ferme d’agriculture biologique, en échange de la nourriture et du logement. Mon projet est de travailler dans différentes fermes pour voir comment peut fonctionner l’agriculture biologique au Brésil, mais aussi pour apprendre le portugais et découvrir différents endroits du pays…

La première ferme est celle de Balbina Carneiro. Au téléphone en Portugais, j’avais plus ou moins compris que je pouvais arriver là avant Noel, je décide donc de ne pas rester plus longtemps à Salvador et traverse l’état du Bahia en bus. Le paysage défile, sec, aride et presque désertique : c’est le « Sertão », une des régions les plus pauvres du Brésil…Après dix heures de route, arrivée à Juazeiro. Ici, la ville a plus de couleurs car on est sur les rives du du Rio Sao Francisco, le 3eme fleuve du pays, qui irrigue des millions d’hectares de culture de fruits.

L'apiculture au Brésil, une autre tradition!

Je retrouve Balbina, qui vit dans la ville. Le lendemain, nous visitons ses champs, à l’extérieur. Elle cultive des mangues, des noix de coco, des fruits de la passion… Elle élève également quelques chêvres et fait son propre miel. Avec ses 20 hectares de culture biologique, certifiée par un label de commerce équitable, Balbina est un peu un village gaulois au milieu de fermes employant plus de 500 personnes. Ce jour-là d’ailleurs, la télévision locale nous accompagne pour faire un reportage sur la ferme : je me retrouve interviewé sans même encore savoir ce que je fais là! obtention de la vidéo en cours 😉

Le projet paraît bien correspondre à ce que je cherchais, à une exception près : Balbina n’est plus très jeune et souffre actuellement de la colonne vertébrale, elle ne va donc plus très souvent à ses champs et surtout pas pour y travailler elle-même…

Les premiers jours, je reste donc en ville où le travail se résume à prendre soin de la maison, des plantes et…des ruches! Ici, pas besoin de protection, on ouvre la ruche et on y plonge allègrement les mains nues : apparemment, ce sont des abeilles qui ne piquent pas!

Malgré le manque d’activité, je décide de rester car, vivant en ville, j’ai l’opportunité de rencontrer pas mal de brésiliens et de m’imprégner de leur culture ou de leur mode de vie. Je suis frappé par leur incroyable hospitalité et ils sont souvent curieux d’en apprendre sur vous. Plusieurs autres éléments me marquent pendant ces premiers jours :

La noix de coco, ça se mérite

– La cuisine : ici, c’est la cuisine bahianaise, qui mêle influences africaines et climat tropical local, un régal! En bon gourmand, je dois faire attention car elle est plutôt très consistante et je me retrouve quelques fois nourri plus que je ne le voudrais…Une même assiette peut ainsi contenir du riz (toujours), des patates, des haricots secs, de la viande sèchée et du poisson…De la farine de manioc viendra alléger le tout. Paradoxalement, alors que les Bahianais peuvent passer des heures entières à cuisiner, ils accordent très peu d’importance au repas en lui-même. Au lieu d’une grande tablée, chacun se retrouve souvent avec son assiette à manger debout ou devant…

– la télévision! Allumée du soir au matin, elle est présente partout. Des publicités coupent des programmes plus ou moins intéressants toutes les dix minutes… Malgré moi, j’ai suivi pendant ces quelques jours la « telenovela » du moment, sorte de « Plus belle la vie » locale : je commençais  même à reconnaitre tous les personnages…

– La religion : la tradition du pays est catholique, mais ce sont surtout les églises protestantes évangélistes qui ont la cote. Ces églises se distinguent par des cérémonies beaucoup plus animées où l’orateur parle des problèmes de société (drogue, prostitution,…) en insistant sur les règles qu’un bon chrétien devrait suivre. A côté, on trouve également des témoins de Jéovah, des pratiquants du candomblé ou des « ésotériques » pratiquant leur propre religion…En fait, ici, le plus bizarre est encore d’avouer qu’on ne croit pas vraiment en Dieu : il faut être prêt à argumenter en portugais!

Le nouvel an chez Gleison et sa famille!

C’est donc une région et un état pleins de couleurs que je découvre jour après jour en rencontrant ces gens et ces familles…Cependant, au fil des jours, le manque d’activité chez Balbina me pèse, je comprends qu’on n’ira en fait jamais travailler dans ses champs (heureusement peut-être, la chaleur me clouait quelque fois sur place!). Alors, après un réveillon du nouvel an en tant qu’invité chez une famille, je décide de repartir.

Peu de fermes disponibles en ce début du mois de janvier : je vais donc participer à la construction d’un festival alternatif-écologique-hippie dans les anciennes mines de diamant de la Chapada Diamantina! Après une plongée  dans l’univers des brésiliens  « du cru », c’est un changement d’ambiance et de décor garanti!

Até mais!

Publié par : juliendidier | janvier 11, 2012

Eh! quoi? teur…

Ecrit par Julien

Oi! Tudo bem?

Pour moi, tout va bien! Une petite diarrhée tropicale me retient pour l’instant à l’interieur : l’occasion de donner quelques nouvelles!

Avant que Laurence ne se retrouve à Diogo et moi à Juazeiro (voir le prochain article), nous avons donc réalisé la dernière et plus grande partie de notre traversée de l’Océan Atlantique sur Atanua. Nous ne sommes plus tout à fait novices et la préparation du départ se passe sereinement : après les courses, le plein des réserves d’eau et d’électricité, un apéritif réunissant les équipes du Marty et d’Atanua marque le passage de flambeau!

Peu de vent...On met le spi!

Le 3 décembre, nous quittons donc la terre ferme, suivis par vos clics de souris! Nous sommes sereins mais conscients que cette dernière étape sera la plus longue et la plus compliquée. En effet, il faudra passer, entre autres, par le Pot-au-noir. Il s’agit d’une zone où se rencontrent les vents de l’Atlantique Nord et de l’Atlantique Sud, ce qui produit un bug : absence de vent ponctuée par des grains et des orages parfois violents. Impossible de l’éviter quand on traverse l’Equateur pour se rendre jusqu’au Brésil, c’est un des principaux sujet de conversation entre les bateaux du rallye!

Passage mouillé du pot-au-noir

Nous avons été chanceux car seules quelques gouttes de pluie mouilleront Atanua. Par contre, le reste de la traversée sera marqué par des vents peu stables et qui ne ressemblent pas du tout aux prévisions! On se retrouve à devoir naviguer contre le vent ( » au près ») ce qui change le rythme à bord : au lieu de se balancer en permance, le bateau « gîte », il penche toujours du même côté. On s’habitue à vivre de travers! Pour le reste des détails techniques de navigation, les plus mordus pourront lire le récit bien détaillé de Didier sur le blog d’Atanua…

L'Equateur!

Au niveau de la vie à bord, Laurence et moi retrouvons nos habitudes, avec quelques nouveautés. En effet, le bateau est plus luxueux et plus stable sur la mer. Julien en oublie complètement son mal de mer et la vie à bord prend un côté plus terrien: Annie fait mijoter ses ragoûts à la française, on cuisine des gâteaux et on a même droit à du pain frais grâce aux mains habiles de Laurence (sans pétrir et à la poêle! ici la recette pour les gourmets). Annie et Didier, amateurs de navigation « fine » et de régates, nous apprennent chaque jour quelques subtilités supplémentaires. Ce qui fait surtout la différence sur cette traversée toutefois, c’est bien la durée. L’ambiance est calme à bord et les jours se ressemblent, l’arrivée semble toujours aussi lointaine…Alors il faut s’occuper, s’empêcher de végéter. Car à force de rester assis ou couché dans un espace restreint, le corps se met un peu veilleuse et les muscles s’endorment…On combat le problème en se fixant des séances d’exercices : pédaler dans l’air sur un voilier au milieu de la mer, c’est toute une histoire!

Les jours passant, on s’approche des côtes brésiliennes et on aperçoit, le 17 décembre, les immeubles de Salvador da Bahia!  On entame les manoeuvres d’arrivées en entrant dans la « Baie de tous les Saints », pour s’approcher de la vieille ville et de la marina. Arrivée en fête saluée par les autres bateaux et un verre de Caipirinha : ça y est, on a traversé l’Atlantique!

Salvador : le berceau de la culture afro-brésilienne! (photo non personnelle)

Nous avons à peine le temps de nous en rendre compte que, déjà, nous sommes plongés dans l’atmosphère de Salvador. La ville est une tentacule de 3 millions d´habitants et est pleine de contrastes. La musique, la capoeira et la bonne humeur côtoient le visage fermé des gardes armés, omniprésents. Le dénuement et la précarité sont au coin de la rue qui mène à la luxueuse marina. Nous sommes  partagés entre la joie de découvrir cette ville incroyable, marquée par la culture africaine des anciens esclaves, et le sentiment d’être bloqués entre ces extrêmes, d’arriver dans un espace trop grand pour nous qui ne connaissons pas encore le Brésil.

Assez vite, chacun d’entre nous cherche alors à pouvoir apprivoiser ce pays en découvrant d’abord ses aspects plus calmes, moins déstabilisants. Tandis que Laurence s’en va vers le petit village de Diogo, je pars pour Juazeiro, où m’attendent Balbina Carneiro et sa ferme…

Publié par : juliendidier | janvier 4, 2012

Diogo… un petit paradis

Et voila qui voila, de nouvelles nouvelles!

Une fois arrives au Bresil, nous avons decide Julien et moi de nous lancer chacun dans une aventure personnelle.   Désormais, les articles seront donc écris par chacun de nous séparément, étant donné que nous vivons maintenant 2 aventures totalement différentes.

Pour ma part, après quelques jours dans cette grande ville de Salvador, j’ai eu envie de me perdre dans la nature, et rester proche de la mer étant donné que plus tard, mon projet est de me poser dans la ferme de notre chère Val, près de Rio, a l’intérieur du pays.

C’est alors que j’ai atterri à DIOGO, un petit village a 70 km au nord de Salvador. Je suis accueillie dans le « camping » d’une famille du village, chez LaluArt. Je pensais rester là quelques jours, et voila que ca fait maintenant 2 semaines que j’y suis! Oui, ce petit village, et plutot cette famille, est un réel petit paradis pour moi. J’apprends un tas de choses sur la culture brésilienne: rencontres, langue, nourriture, nature, musique, capoeira, surf… que des belles choses. Je m’y sens comme dans un petit cocon.

C’est ici que j’ai donc passé un joyeux noel et une bonne année que je vous souhaite également a tous!!! Bien entourée, j’ai passé de supers moments.

Merci a Gaby qui m’a donné le contact de sa tante Sophie qui a une « Pousada TOO COOL » (une maison d’hote) a Diogo, et merci a Sophie qui m’a ouvert la porte aux mille et une merveilles de Diogo et pour son accueil et toutes ses bonnes combines!

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